Hit Radio, porte-parole de la jeunesse marocaine

Younès Boumehdi, fondateur et président de Hit Radio, première radio privée musicale du Maroc, est l’invité du Buzz Media Orange-Le Figaro.

Lancée il y a 5 ans, Hit Radio s’inscrit en porte-parole de la jeunesse et en figure de proue des mutations que connaît le Maroc. Younès Boumehdi a mis 13 ans pour obtenir la licence, le feu vert du CSA marocain. «13 ans pour obtenir cette licence, c’est long. Ca a mis du temps, mais c’était un rêve très ancien. Une loi de 2003 a permis la fin du monopole public sur l’audiovisuel, à l’origine de l’autorisation en 2006 de plusieurs radios privées. Nous avons atteint 45 fréquences aujourd’hui et nous avons un programme d’installation visant à atteindre 65 fréquences d’ici trois mois, pour en faire le plus grand réseau au Maroc», explique Younès Bouhmedi, 41 ans. Hit Radio, qui compte 48 salariés, émet aussi sur le web, où elle serait aujourd’hui écoutée par un million d’auditeurs par mois, dont la moitié au Maroc et un quart en France.

Si le Maroc n’a pas connu les mêmes révoltes que la Tunisie, la Lybie, l’Egypte et bien d’autres pays depuis le début du printemps arabe, un mouvement de mutations gagne actuellement le pays de Mohammed VI. Quel rôle peut tenir une radio privée dans ce contexte? «Nous vivons ces mutations depuis déjà quelques temps, à la radio, à travers la jeunesse marocaine, souligne le patron de Hit Radio. Il y a une très forte attente d’un Maroc meilleur. Nous l’accompagnons en nous en faisant l’écho, en ouvrant notre antenne à cette jeunesse qui a envie de construire son pays». Hit Radio a été la première à faire de la libre antenne et à aborder des sujets tabous comme le sexe ou la corruption, au prix de diverses condamnations et suspension d’antenne par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA). Sur Internet, où il n’existe pas de législation au Maroc, Hit Radio est présente sur les réseaux sociaux, et compte plus de 230.000 fans sur sa page Facebook. «Aujourd’hui, Internet est le meilleur ami de la radio, complémentaire de l’antenne», estime Younès Bouhmedi qui s’implique parallèlement dans le processus de démocratisation du pays en parrainant les instances qui oeuvrent pour la défense de droit de l’homme..

100% musicale, Hit Radio diffuse néanmoins de l’information et touche 600.000 à 800.000 auditeurs par jour, dont 60% ont entre 15 et 34 ans. «Skyrock, Fun Radio ou NRJ en France, ainsi que d’autres radios aux Etats-Unis ont été des référents en terme de développement et de programmation, souligne Younès Boumehdi, qui a fait une partie de ses études en France. Mais nous ne nous sommes pas limités à un seul modèle. Nous avons tenté de créer un modèle marocain, ce qu’est Hit Radio aujourd’hui».

En 2010, Hit Radio a réalisé 27 millions de dirhams (environ 2,4 millions d’euros) de chiffre d’affaires, dont 85% viennent de la publicité. La station tire ses autres sources de revenus de «l’expertise – ‘accompagnement de nouvelles radios qui se lancent au Maroc et à l’étranger-, des SMS et de la publicité sur Internet. Hit Radio a atteint l’équilibre en 2010, au bout de quatre ans», précise Younès Boumehdi, propriétaire à 100% de la station. Radio Plus, une consoeur marocaine, a ouvert son capital au groupe Holmarcom en 2009. Est-ce aussi envisageable? «Oui, si nous avions besoin de capitaux pour développer Hit Radio ou d’autres médias». Justement, le jeune patron de la station nourrit le projet d’une chaîne de télévision. Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA), qui octroie les licences au Maroc, a indiqué il y a deux ans que le marché publicitaire était insuffisant pour de nouvelles chaînes. Ce marché est-il consolidé aujourd’hui? «C’est évident. Le marché a beaucoup progressé en deux ans ce qui concerne les radios et s’est stabilisé pour l’ensemble des autres marchés. Il y a aujourd’hui une forte attente de chaînes thématiques. Nous portons un projet de télévision musicale». Proche du cahier des charges de W9, ce projet nécessiterait un investissement de 5 millions d’euros.

Hit Radio, qui émet sur une partie de l’Algérie, lancera par ailleurs avant fin mai une application mobile développée sur 4 plateformes (iPhone, Blackberry, Windows Phone et Android) et vise 100.000 téléchargements.

Source : lefigaro.fr

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